En mon for(t) intérieur...

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lundi 17 juin 2013

La promotion de la sobriété

Il me semble important de promouvoir la sobriété au lieu d'essayer de simplifier la complexité, au moins dans le cadre de la modernisation de l'état.

Nous parlons de sobriété pour toute chose qui est marquée par la mesure, la modération. La sobriété permet d'éviter les excès, les gaspillages, l'inutilité et cela passe par l'évaluation fréquente de son action et une capacité à s'arréter ou modérer cette action quand le résultat est acquis ou les moyens consommés.

La simplicité est souvent associée au raisonnement scientifique qui sépare en parties plus simples les problèmes complexes. Les femmes et hommes illustres des lumières ont cherché à débusquer des règles simples et universelles derrière la complexité apparente des problèmes nombreux qui se posaient à l'espèce humaine. Ils l'ont fait dans des domaines techniques mais aussi philisophoques, psychologiques, historiques etc...

Prenons quelques exemples pour entrevoir les erreurs où nous conduisent la simplification excessive de la complexité.

L'informatique est le royaume du binaire Il est courant de justifier le binaire par la science informatique où tout serait binaire, à écouter les croyants du domaine. Rien n'est moins sûr :

  • le stockage de l'information n'est pas binaire; seule son approximation l'est, ce qui pose problème pour celui qui veut vraiment effacer une information. En effet, le stockage d'une information est généralement liée à l'état d'un volume de matière pendant une période donnée et cet état est lui-même discriminé par une mesure physique comparé à un seuil qui détermine l'état.
  • l'instruction conditionnelle est souvent présentée comme le principe même du binaire; Ainsi le SI prédicat ALORS clause1 SINON clause2 serait un aiguillage purement binaire. Tout développeur ayant un peu roulé sa bosse vous dira qu'il faut aussi considérer l'erreur à l'évaluation du prédicat qui génère une exception; Bref, on est au moins dans un aiguillage ternaire.

Autre exemple : nous détruisons la planète avec notre consommation de papier

Cette analyse est intéressante car elle provient d'une analyse reposant sur des calculs :

  • de la consommation mondiale de papier non recyclé,
  • de la pousse forestière annuelle, limite à ne pas dépasser pour une gestion durable à surface forestière constante
  • de la consommation mondiale du bois hors papier, notamment pour des besoins en ernergie et en construction

Au nom de cette analyse, nous passons au tout numérique, même pour des écrits durables. Nous appelons cela la dématérialisation car nous enlevons le matériau papier.

Nous remplaçons nos livres par des ordinateurs personnels, des serveurs, de la fibre optique, des équipements réseaux, des gaines de protection, des batteries, des alimentations, des fils, de l'énergie sans cesse consommée...

Où est donc la dématérialisation ? Où est donc la sobriété ? Où est donc l'organisation au service de la complexité ?

La complexité est l'essence même de notre évolution en tant qu'individu, société et espèce humaine. Osons nos conforter de cette complexité, ne pas simplifier à outrance, et rester sobre dans nos contournements.

La modernisation de l'état devrait permettre de retrouver du sens et donc de casser de l'absurde inutile. Cet absurde ne vient pas de la complexité mais de solutions de facilité empilées les unes sur les autres. Le noeud est là, dans sa simplicité extrème, son inutilité évidente et sa bêtise immense; il peut-être long à défaire, c'est tout. Ceux qui ont hérité de ce noeud imagine des solutions simples et gordiennes qui font table rase au nom d'une nouvelle technologie... ils sont, à leur tour, dans la facilité de la simplicité et non dans l'acceptation de la compléxité et le courage de s'y confronter avec sobriété.

dimanche 28 avril 2013

Financement de l'école

L'égalité en droit promue par le premier article de la déclaration des droits de l'homme (1789) est intimement liée au concept de liberté. Suit une précision souvent délaissée sur la notion de distinction sociale : ""Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune."

Ces notions mettent en avant un concept d'équité, qui ne correspond pas à l'égalité au sens strict. Le principe d'équité conduit l'économiste ou le politique à corriger des inégalités que subissent des personnes ou des groupes défavorisés en redistribuant ou en légiférant pour que ces personnes ou ces groupes défavorisés retrouvent une "égalité de faveur".

L'école est devenue en une vingtaine d'année un lieu structurellement non équitable.

Chacun y va de son analyse, de son ressenti, peu ont des solutions mêmes locales, encore moins généralisables.

L'inéquité est diffuse mais dicible :

  • le collège unique discrimine la réussite selon le sexe des enfants, après avoir favorisé pendant deux générations la classe sociale
  • les parents ont envahi le champ de la relation pair à pair mais se sentent réellement exclus de l'école et de la prise de décision éducative
  • les professeurs ont abandonné l'autorité du sens; il se trouvent seuls, cependant collectivement accusés d'être aux commandes d'un absurde contemporain et moderne
  • la gouvernance est inopérante car massifiante (12 millions d'apprenants dans le premier et second degré, 900 000 enseignants, 180 000 autres adultes); pour retrouver une marge de manoeuvre, elle cultive les oppositions entre parents et professeurs, entre syndicats, entre ville et campagne, entre privé et public etc...

Le financement de l'école, de son fonctionnement, de son infrastructure et de ses projets, est mis en avant par tous comme le principal moyen de faire, de changer, de maintenir...

Enfonçons le clou et proposons une mesure de justice sociale et économique : finançons les établissements selon un mode de répartition reposant sur un quotient familial des apprenants pour les projets et, au moins sur une quote part du fonctionnement et des investissements.

Une fois cela réalisé, un peu de foi au sens commun équitable reviendra naturellement et il sera possible de traiter correctement (et localement) les inéquités de chaque établissement.

Ce ne sont pas les moyens qui manquent le plus souvent, mais la volonté collective.

Cette volonté collective doit reposer sur la liberté collective des apprenants : liberté de parler, liberté de débattre, liberté de décider, liberté de réver...

Pronons et valorisons les collectifs d'enfants et de jeunes, même si cela doit déstabiliser les équilibres rigidifiés (inéfficaces ?) entre politiques-élus/parents-électeurs/professeurs-électeurs.

samedi 6 avril 2013

au terme des années piteuses ?

abandon du sens collectif,
au profit de la consommation individuelle
de la meute au troupeau
au profit de l'élitisme managérial

et pourtant les enfants et les jeunes
sont là à attendre leur tour gentiment
car ils n'ont pas appris l'intérêt général et la progression personnelle
le travail comme organisation de la relation humaine
le loisir comme plaisir désiré, avènement du poète en chacun de nous

la métamorphose se démarre avec le nouveau cycle du soleil
le froid sera plus pregnant chaque année pendant trente ans
finies les années piteuses pendant chacun s'est consigné dans sa case
mais de 24 heures chacun d'entre nous par jour est gagnant
à 10, 1000 ou 1 million, on s'organise, on n'insititue pas
l'espèce humaine nous le rappelle à temps

le groupe n'est pas plus important que l'individu
chacun des êtres humains est plus fort du groupe
et plus vivant de son ryhtme de changement et de progression interne

dimanche 24 mars 2013

lettre à la cité scolaire

Bonjour Madame,

Je crois sincèrement qu'une école de la république tournée vers l'avenir et l'excellence de l'enseignement repose toujours sur :

  • la recherche et l'affirmation du sens
  • le respect sans faille des apprenants par les enseignants et tous les adultes
  • le respect enthousiaste du savoir et de tous les chemins pour apprendre
  • l'amour du prochain et de leur avenir par les intervenants adultes

Je ne crois pas que l'absurdité puisse produire du respect ou de l'excellence.

Pour mon épouse et moi, l'ascenseur social de l'école républicaine a parfaitement fonctionné, notamment car nous avons eu de la chance de rencontrer tout au long de notre scolarité ces quatre composantes essentielles et une intégrité visible et sans faille des organisateurs de l'école.

Depuis, nous avons vu des expériences formidables dans l'école publique avec beaucoup moins de moyens que nous en disposons sur le Vercors.

Les parents sont souvent cités comme la cause principale de l'irrespect dans la bouche des enseignants comme les professeurs sont toujours cités comme la cause de tous les maux de l'école. N'est-ce pas absurde ?

Nous avons essayé maintes fois d'engager le dialogue avec vous pour vous faire partager nos constats :

  • absence d'organisation humaine,
  • absence de bon sens, noyé sous la justification systématique avec une bonne dose de médiocrité du sens,
  • absence de collectifs d'enfants et de jeunes disposant de responsabilité et de liberté,
  • irrespect des enfants vis à vis du système et ceux qui le portent, donc les adultes

C'est difficile car vous ne semblez absolument pas motivée pour travailler ces points.

Nous pourrions vous dire que tout va bien dans le meilleur des mondes et dans cette école, mais ce n'est pas notre constat. Nous avons été, mon épouse et moi-même, formés aux meilleures écoles de la république pour justement voir, dire, partager, participer, co-opérer. Nous ne savons donc pas renoncer.

Selon notre vision récente, à la cité scolaire, nous sommes plutôt dans le château de Kafka, avec certes des êtres humains adorables comme agents du système... mais quel système ? Comment sera jugée plus tard par tous ces élèves votre organisation, pour ceux qui auront dépassé la normalité de l'absurde que vous cautionnez ?

Jusque l'année dernière, nous n'avions que des exemples externes à notre famille pour illustrer nos propos et affiner notre vision. Des enfants et jeunes dynamiques, intelligents, futés et respectueux dans le cadre du scoutisme ou d'autres activités extra-scolaires, qui souffraient à la cité scolaire et le disaient, sans que le adultes ne puissent faire autre chose que faire quitter la cité à leurs enfants pour des auspices meilleures.

Cette année, c'est de nos enfants dont il s'agit. Nous pouvons vous assurer que nos enfants sont considérés par de nombreux adultes comme ayant toutes les caractéristiques pour exceller. Ils sont devenus médiocres, tant dans leurs résultats que dans leur comportement.

On pourrait se dire que cela est du à notre attitude critique (constructive ?) vis à vis de votre équipe et nous pensons bien évidemment que cela joue dans leur attitude. Mais que dire si nous nous taisions ou si nous fuyions ? Quel avenir défendons-nous pour eux : les lumières, la tolérance et la bienveillance ou le totalitarisme, l'absurde et l'obscurantisme ?

Madame, à la place qui est la votre, quelle est votre position pour nos enfants et tous les enfants de la cité scolaire ?

Beaucoup de choses reposent sur la confiance (entre les élèves et les enseignants, entre les enfants et leur parents, entre les adultes, en l'avenir, en l'enfance, en l'espèce humaine).

Où se trouve la confiance ?

Sans le respect de l'enfant, sans la foi en sa capacité de développement et de cheminement personnel, sans la promotion de collectif et de liberté, sans l'amour de chacun des professionnels de la cité scolaire envers le système et les utilisateurs du système... je ne crois pas possible de mettre en oeuvre la confiance.

Avec les moyens dont nous disposons (je compte aussi les capacités et compétences des enseignants et du personnel administratif), je crois que nous sommes dans un gâchis monstrueux que nous aurons tout le temps de regretter dans les prochaines années. Nous fabriquons de l'absurde, de la délinquance, du regret et de la désespérance... par l'absence de bon sens commun et partagé.

Partagez-vous ce constat ?

Comment relevons-nous les manches ?

Comment associons-nous de nouveau, comme avant la crise scolaire de 1990-1995 (les fameux 80% au bac de 1986 y sont forcément pour quelque chose), les enfants et les jeunes, à l'organisation, la discipline, l'avenir de la cité ?

Mes enfants, quant à eux, vont quitter la cité, comme de nombreux enfants avant eux, tout simplement car nous ne voulons pas les encourager à exceller dans cet absurde. L'avenir nous dira tout ce qu'ils ont appris de cette expérience qui n'a que trop duré.

Nous, nous restons là, pour que la cité change, même si cela doit se faire lentement.

Dans l'ordre des actions possibles avant la violence, les diplomates connaissent : le dialogue, la négociation, la supplication et la menace.

Nous avons essayé avec vous le dialogue, la négociation et la menace.

Nous ne sommes pas violents et nous préférons l'exode que la guerre... il nous reste la supplication.

Allons, ravalons notre orgueil naturel et allons-y.

S'il vous plait, Madame, faites quelque chose, lancez un chantier pronant le respect, l'amour et le bon sens comme objectif majeur pour la cité.... l'organisation et la bonne volonté des humains suivront ! J'y crois, je sais y croire, je veux y croire.

Ce message n'a pas forcément besoin de réponse si ce n'est dans l'action ;-)

Bien à vous.

lundi 18 mars 2013

Conduite en état de meurtre

Le téléphone portable a changé notre relation aux autres... pour le meilleur et pour le pire.

Mes enfants sont considérés comme des handicapés sociaux car ils n'ont pas de portable et, nous, leurs parents comme des dinosaures, pour l'aspect préhistorique de leur argumentaire, mais aussi pour l'attitude monstrueuse vis à vis de leur progéniture.

Mes rendez-vous ne sont plus que rarement à l'heure. Puisque l'on peut prévenir dans l'instant, pourquoi s'organiser ?

Le salarié est un moyen de production que l'on peut solliciter à tout instant grace à cet appareil mobile.

Mon billet d'humeur sera pour défendre tous ces professionnels du volant qui sont aujourd'hui affublés d'un téléphone portable.

Je pense aux conducteurs du chasse-neige, de la navette pleine de touristes, du transport scolaire, du camion de livraison... que je croise tous les jours le téléphone sous la joue en train de conduire.

Le décret de janvier 2012 est simple : "L'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation est interdit." Cela est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 750 euros et 3 points de permis.

Sont-ils tous des assasins en puissance ? Sont-ils vraiment fous ?

Pour y voir plus clair, j'ai appelé leur hiérarchie.

Et là, à chaque fois la même réponse : "ok, je vais lui téléphoner pour le prévenir de faire attention".

Je vais un peu plus loin dans ma recherche et je remarque que bon nombre de clients appellent directement le chauffeur... Certains organisateur de transport en font même leur argument publicitaire différenciant. Je reproduis ci-dessous la mention trouvée sur un site de transport scolaire français le 18 mars 2013 :

"Nos conducteurs, dûment formés et habitués au contact avec la jeunesse sauront veiller au bien-être des enfants : sécurité, vigilance lors des arrêts, convivialité et maintien de la discipline lorsque cela sera nécessaire, avec le tact et la fermeté requise. Et tout cela en écoutant les derniers tubes à la radio ! Tous nos conducteurs sont joignables par téléphone portable." (source : site internet de elorn évasion)

Bref, aujourd'hui, les radios et les kits mains libres ne sont pas légions.... les réunions de brief et d'organisation n'existent plus beaucoup... les situations d'urgence sont confondues avec les situations de commercialisation et d'organisation.

Et nous, les utilisateurs, nous laissons faire et nous trouvons cela pratique. Nous sommes donc, ainsi que les patrons de ces entreprises et les financeurs (conseil général, mairie...) les assassins virtuels en acceptant qu'un professionnel au volant soit aussi un professionnel téléphonant.

dimanche 10 mars 2013

lettre à la CNIL

Madame la présidente,

Je sollicite votre avis sur le type de déclaration que nécessite un service qui est mis en œuvre sur internet.

La finalité du service est d'authentifier des êtres humains à l'aide d'index de natures différentes : la façon de taper au clavier, les adresses sources de connexion sur internet, l'indexation de visage, la catégorisation des usages d'internet, la géolocalisation des terminaux de connexion à internet, la position dans un graphe de relations avec d'autres êtres humains. Le service met en œuvre un système d'index croisés qui permet de discriminer de façon quasi certaine chaque être humain avec un taux de réussite proche de 99,999%. Il est à noter que le service sait également discriminer de façon certaine les robots se faisant passer pour des humains.

Pour mettre en œuvre le service, il a été, a priori, créé autant de profils anonymes que d'êtres humains sur la planète et le service accroche ces index à chacun des profils au fil de leur enregistrement, ainsi que tous renseignements susceptibles d'être vendus. Le service exclue, sauf demande explicite de ses utilisateurs, de stocker le nom, prénom, nationalité, téléphone, religion, numéro de sécurité sociale, et le service propose, bien entendu, une charte stricte de protection des données privées et de confidentialité, hors des index précités.

Ce service a permis à son éditeur, de se doter, en quelques années d'un plan d'adressage mondial de la population, et devrait permettre d'ici quelques mois de disposer d'un service d'authentification des êtres humains reposant sur ces seuls index tangibles. Ce service est, semble-t-il, légal, et considéré par la plupart de ses utilisateurs comme légitime.

Je suis donc intéressé pour avoir votre avis sur ce service, en tant que présidente de la commission nationale informatique et liberté, et sur le type de déclaration qu'il devrait faire pour être contrôlé efficacement par vos services.

Au plaisir de vous lire.

Envoyé ce jour, je posterai la réponse...

dimanche 24 février 2013

La bourse sur la radio nationale : de la propagande qui ne se cache pas

Pourquoi dois-je écouter plusieurs fois par jour sur nos radios nationales le cours de la bourse, française ou autre ?

Qui donc aujourd'hui qui s'intéresse à la bourse écoute ce buletin alors même qu'il y a des cotations en temps quasimment réel sur internet et sur les téléphones ?

Alors pourquoi est-il besoin d'assener les auditeurs de chiffres incompréhensibles et d'interprétations saugrenues ?

Quel est l'objectif de ce bulletin ?

J'y vois une propagande de l'économie sur le monde réel, des hommes soit-disant puissants sur le reste de l'humanité, du politique sur l'humeur du peuple.

Rien de plus.

Quel est celui qui aura le courage de pré-empter aux puissants ces minutes gâchées pour les rendre au quidam auditeur ?

samedi 23 février 2013

A l'intérieur, il y a mon fort mais aussi du beaucoup moins fort ;-)

De ce combat interne
révélé à l'aube de ma conscience adulte
je ressens que par dessus
ces lâchetés quotidiennes,
ces faiblesses indulgentes,
ces indigentes pulsions
se consolide quelque part mon fort interieur
épais de ce tout
sobrement complexe
à explorer et à inventer
ce que certains appellent
jardin secret
intime conviction ou intuition


je pars à la recherche de l'indicible
j'immigre en mon for(t) intérieur

mardi 1 janvier 2013

Une autre façon de voter

Je suis dubitatif depuis une dizaine d'années sur notre façon française de voter : souvent, sans bien comprendre, sans suivi démocratique et le plus souvent pour des hommes et non des projets ou des valeurs.

J'aimerais voter moins et avec plus de sens.

Le suffrage universel est rassurant sur certains de ces aspects mais il ne peut être appliqué partout et tout le temps.

Pour ma part, je préfèrerais une organisation plus sobre, comme par exemple de voter une fois par an (le même week-end ?) en regroupant :

  • mon vote en tant que résident
  • mon vote en tant que travailleur
  • mon vote en tant que français

sur des points de nature différentes :

  • élire des équipes de personnes mandatées pour agir ou représenter
  • donner son avis sur des idées, des projets, des visions
  • s'engager sur son action politique

Le premier point permetttrait d'élire nos représentants de niveau local pour ces trois fonctions importantes : l'organisation du travail, de la résidence et de la nation. Le deuxième point permettrait de prendre le pouls exhaustif d'un territoire sur une idée, une vision, un projet, ce qui dépasserait le cadre de la communication, des sondages et des expertises. Le troisième point pourrait me permettre de dire si je désire être représenté par mon élu ou voter moi-même aux autres élections (cantonales, départementales, nationales, etc...)

Il me semble que le vote local pour les trois rôles devrait être obligatoire et, pour les autres élections, le principe de la représentation devrait couvrir 100% du corps électoral. Ainsi, l'abstention ne serait plus un obstacle à la démocratie et le vote blanc utile sur les sujets pour lequel ce vote peut être signifiant.

Séparer ces trois rôles permet de donner la parole à des étrangers résidents ou travailleurs, à des travailleurs d'une localité ne résidant pas dans cette localité, voire à des mineurs de 18 ans, etc...

Permettre d'être représenté par des élus pour des élections dont on ne comprend pas le sens ou les enjeux, me semble aussi redonner du sens au mandat politique et l'importance des personnes qui incarnent des idées ou des projets.

Enfin, il me paraît impossible de détenir plusieurs mandats en même temps (ou de suite); la démocratie passe par l'exercice du pouvoir et la pluralité de ces exercices.

Un seul mandat démocratique à la fois, dont le pouvoir, le financement et le terme sont définis avant les élections.

mardi 25 décembre 2012

L'autonomie des établissements scolaires

L'autonomie des établissements scolaires conduit tout droit à l'avènement des petits chefs.

Cela participe de ce mouvement "dit" de démocratie participative.

Selon moi, il s'agit d'une fausse démocratie.

L'école est un lieu de vie et d'apprentissage des élèves, enfants et jeunes.

Il pourrait être un lieu de vie citoyenne organisé de façon démocratique.

Il n'en est rien.

L'école est un lieu de (non) gouvernance politique, noyauté par la hiérarchie administrative (le ministre, les recteurs, les proviseurs) et dont l'organisation est ritualisée par des syndicats d'enseignants et de parents sans une réelle représentativité de l'élève.

L'objectif de ces syndicats est souvent la bagarre nationale sur des valeurs exogènes et futures, malheureusement moins souvent la solution concrète locale pour une amélioration des conditions d'enseignements de tel ou tel établissement.

Pourquoi ne pas confier les rennes de la vie quotidienne des établissements à des assemblées d'enfants et des conseils élus par et pour eux ?

Pourquoi ne pas valoriser chacun des lieux de vie et d'enseignements de ces centaines d'enfants et de jeunes par une organisation autour d'eux et à leur service ?

Aujourd'hui, l'école est avant tout communautaire et anti-collective, favorisant l'émergence et la mise en oeuvre des valeurs de quelques adultes : tel groupe de professeurs, tel groupe de parents, et le plus souvent le point de vue du proviseur ou/et de sa hiérachie.

On demande à des enfants de s'engager continuellement sur des formulaires administratifs illisibles et sur une démarche personnelle assez souvent élitiste et non pas sur ce qui compte pour eux aujourd'hui et demain : le groupe, l'apprentissage et la progression personnelle, une ouverture sur les autres, le monde hors la famille : apprendre à apprendre et devenir "homme" au milieu des hommes.

Osons dans notre enseignement public en général et dans chacun des établissements, baisser la garde "contre" les autres adultes et, collectivement, laisser la main à nos enfants pour qu'ils retrouvent du sens commun et le collectif utile: leur voie démocratique.

dimanche 9 décembre 2012

Et si on se dotait d'une assurance retraite ?

L'idée est, comme pour l'assurance chômage, de garantir un revenu minimum et plafonné pour ceux qui n'ont pas suffisamment de revenus et qui ont un droit à cette assurance.

Les personnes ayant droit à la retraite et ayant des revenus (capital, immobilier, droits auteurs...) ne touchent que le complément du plafond à leur revenu et rien s'ils dépassent le plafond.

L'assurance continue de reposer sur une répartition et une solidarité entre les générations mais l'assiette globale diminue.

Les caisses renouent structurellement avec les bénéfices sur le long terme et on peut envisager l'avenir d'une population vieillissante avec plus de sérénité.

Autre idée : il serait utile de réfléchir à une seule caisse de retraite pour tous; fonctionnaires, salariés, indépendants; cela pour sortir d'un système complexe ne permettant plus une gestion sereine des carrières actuelles.

dimanche 11 novembre 2012

L'émergence de collectifs « élèves ET professeurs »

Renouons des relations harmonieuses entre ces deux usagers du système scolaire.

Ces relations sont en continuelle dégradation depuis 1993/1995 alors qu'elles sont le fondement de l'éducation formelle et la transmission inter-générationnelle.

Le pilotage de la mesure « 80% d'une génération au BAC » a modifié complètement la gouvernance du ministère.

Une grande partie des professeurs est aujourd'hui montrée du doigt sur un absentéisme qui est pourtant en dessous des normes professionnelles. Les professeurs sont aussi rendus responsables d'un échec scolaire qui provient plus des changements fréquents des lois programmatiques (programmes scolaire, constat de rentrée/prévisions, autonomie des établissements sans réelle démocratie locale) et d'un système statistique, procédural et informatisé.

Faisons émerger des collectifs regroupant, et des élèves, et des professeurs afin de laisser plus de place dans nos débats, nos conflits et nos décisions à la relation professeur/élève.

dimanche 21 octobre 2012

La liberté de circulation des personnes, la régulation de la circulation des biens et capitaux

Si on autorise les personnes à circuler librement mais que l'on régule la circulation des biens et des capitaux, alors les paradigmes de l'immigration et de la production à bas-coût changent. Le produire local et le dépenser local est favorisé dans les zones où c'est de l'intérêt des sociétés humaines sans que cela nuise au sentiment de liberté individuelle et l'épanouissement qu'il engendre.

dimanche 14 octobre 2012

Une place « humaine » pour des fonctionnaires productifs

Je dédie ce billet à Joël, un ami éclairé.

Quelques idées

  • L'organisation des services publics devrait laisser à l'agent une place pour réfléchir et agir en fonction de la situation.
  • Une des clés est de limiter les « cadres improductifs » qui génèrent trop de procédures et des absurdités.
  • Il faut (re)trouver un bon ration productifs/encadrement dans la fonction publique.

L'analyse

Plusieurs mouvements de fond ont balayé l'organisation des services publics depuis 1990 :

  • la décentralisation
  • la réduction du temps de travail
  • le non remplacement des agents partant à la retraite
  • l'émergence du management, notamment par la communication, la performance
  • la privatisation de grands pans de services publics, notamment dans les transports et dans le service à la population
  • la gouvernance par la gestion entretenue et maîtrisée des conflits
  • l'augmentation structurelle des coûts sans inflation salvatrice
  • l'augmentation du droit au profit

La décentralisation, une occasion de complexifier le simple et simplifier le complexe

La décentralisation participe de ces idées prégnantes chez beaucoup de nos contemporains :

  • il vaut mieux 2000 maires compétents qu'un président de la république génial
  • les optimisations locales constituent une optimisation globale efficace
  • il est plus efficient de répartir les coûts ou de les rapprocher de leur source pour les optimiser
  • il faut laisser décider la personne la mieux à même d'être responsable de sa décision et conscient des effets que cette décision induit

Il est intéressant de noter, par exemple, qu'au sein d'un ministère comme l'éducation nationale,

  1. on centralise la gestion des personnels (0.85 millions d'agents gérés centralement pour des mutations à plus de 80% départementales) ou la gestion des affectations (là encore, on compte en millions le nombre d'élèves ou d'étudiants à affecter au lieu de segmenter en ensembles indépendants avant affectation)
  2. on rend (soi-disant) autonomes les établissements pour qu'ils se gèrent au mieux, laissant surtout les différences de traitement vis à vis de l'instruction s'accroitre (abus de pouvoir, moyens financiers, ghettoïsation des classes sociales)

Pour faire court, j'ai bien l'impression que cette décentralisation simplifie le complexe (la solidarité, l'égalité, la liberté, le nécessaire débat sur les valeurs de la république) et qu'elle complexifie à outrance le simple, perdant notamment l'intelligence de terrain derrière des procédures aujourd'hui complexes car elles ne sont plus maîtrisées par l'agent de terrain, l'être humain.

Les 35 heures, une occasion ratée d'unifier le travail des trois grands secteurs (privé, public et indépendants)

J'étais en poste dans la fonction publique en 1997 et je me souviens de ces débats sans fin sur l'organisation des 35 heures dans mon service. Certains personnels pensaient à réduire leur horaires de travail alors même qu'ils travaillaient bien en dessous des 35 heures requises. D'autres exigeaient des RTT alors même qu'ils reduisaient leur temps hebdomadaire de travail à 35 heures. D'autres enfin se posaient la question de comment réussir à réaliser le travail en cours avec seulement 35 heures alors même qu'ils y passaient pour le moment plus de 40 heures par semaine !

Nous avons raté en 1997 le sens de la réforme du travail en n'unifiant pas les règles pour tous les travailleurs en France, quelque soit leur statut : fonctionnaire, salarié du secteur privé, statutaire assedic comme les intermittents du spectacle, travailleurs indépendants ou encore professions privilégiées ou défavorisées.

J'ai écrit sur ce journal un billet pour proposer un changement radical de civilisation et plus précisément un nouveau cadre du travail pour tous.

Il n'empêche que ces trente cinq heures ont eu un effet positif pour les plus travailleurs en officialisant par des RTT la récupération des heures supplémentaires mais cela a aussi augmenté les inégalités au travail en demandant à certains un gain de productivité qu'il était impossible de réaliser. Loin de créer des emplois durables, cela a créé des déséquilibres malsains, impossible à dénoncer car le sujet est vite devenu TABOU. Quinze années plus tard, pouvons-nous (enfin) dire que cette réforme :

  • a privilégié en apparence les cadres (octroi de RTT),
  • a privilégié les salariés en régie (moins de travail pour le même salaire)
  • a fait perdre de la productivité aux entreprises,
  • a défavorisé les bas salaires qui n'ont plus pu compenser par des heures supplémentaires les trous dans leur budget
  • n'a pas réglé le problème de tous les travailleurs au forfait qui ont continué à travailler plus sans être payé plus
  • a forcé la demande de consommation de façon artificielle et, sans épargne supplémentaire, a donc favorisé l'émergence de crédit à la consommation pour "mieux vivre" ou même "survivre"

Les départs à la retraite non remplacés

Quelle belle idée de ne pas remplacer un fonctionnaire partant à la retraite sur deux !

Surtout si on regarde qui sont ceux qui partent à la retraite dans la fonction publique : des productifs recrutés il y a 40 ans alors même que l'encadrement était faible en proportion. On ne remplace donc pas des productifs partants mais on garde les plus jeunes cadres recrutés pendant la dispendieuse décennie des années 80 (où la nouvelle gouvernance est passée par un recrutement massif de cadres fonctionnaires sympathisants).

Le résultat se voit bien aujourd'hui, par exemple, dans les centres des impôts : des cadres en grand nombre désœuvrés et pondant des procédures pour réorganiser des services où le nombre de productifs diminue chaque année. Il n'y a donc plus suffisamment de productifs pour contrôler ou pour tout simplement appliquer les procédures nouvelles.

La grande solution serait informatique et dématérialisation continue à rythme forcé... Pour ma part, je ne crois pas une seconde à la modernité comme solution, de surcroit si elle est déshumanisée ou déshumanisante.

Le management comme solution unique

Quand j'étais enfant, on étudiait la dynamique des groupes en sociologie, l'argumentation en école de commerce, l'algorithmique en filière informatique. Aujourd'hui, le management est le cours fondamental de nos universités et grandes écoles et chacun se doit d'être un "bon" manager.

On peut "manager" la relation client, la relation collaborateur, la communication, la performance, l'ergonomie du poste de travail, la qualité, les processus, son boulot, sa vie, ses loisirs .... Bref, on mange du management à toutes les sauces.

Revenons aux sources du mot, le ménagement, c'est à dire la responsabilité de quelque chose dont on n'est pas propriétaire, d'où la dérivation de sens accordé par mon littré "Art de conduire, de diriger, de manier". C'est donc un art que chaque travailleur se doit de mettre en œuvre pour utiliser à bon escient l'outil de travail qui, par nature, ne lui appartient pas en propre. Dans ce sens là, il m'est effectivement signifiant qu'il soit au centre de la relation au travail. Malheureusement, je n'ai pas l'impression que les cours de management dispense l'apprentissage de ce sens premier mais plutôt d'une mise en oeuvre d'une compétition permanente pour la recherche de la performance, c'est à dire un exploit remarquable et remarqué par ses supérieurs.

La privatisation à l'assaut des biens inaliénables du peuple

En vingt ans, après une nationalisation spectaculaire du secteur financier pour le (re)privatiser dans la foulée, nous avons vu nombre de biens publics privatisés, soit dans leur propriété, soit pour leur distribution ou utilisation : l'eau, les chemins de fer, les réseaux de (télé)communication, les autoroutes, la monnaie, les parkings, des régies de transports publics... dans une frénésie servant les intérêts particuliers de quelques uns et desservant à terme l'intérêt général.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Certains diront que les maires, dans leur responsabilité nouvelle, n'avaient pas la capacité à (bien) gérer. Ils ont donc, en bon père de famille conscient de ses limites, délégué au secteur privé puis vendu au secteur privé sur son impulsion et en continuité de l'action en délégation.

D'autres diront qu'il faut bien équilibrer les comptes et que comme l'état "providence" n'a pas vocation à tout gérer, il faut bien passer la main à de meilleurs gestionnaires tout en équilibrant les comptes.

J'imagine la suite de ce genre de raisonnement : le musée du Louvre et le palais de l’Élysée appartiendront un jour à un fond de pension particulier, bien plus capable de savoir comment gérer des immeubles efficacement au centre de Paris.

Il y a des biens inaliénables du peuple dont il ne peut se défaire de même qu'il y a des biens inaliénables de l'espèce humaine qu'elle ne peut céder à une quelconque sous-partie d'elle-même. La plupart de ces biens appartiennent à cette catégorie qui entretient l'interdépendance entre les êtres humains : les flux, l'eau, l'information, la monnaie, les savoirs-faire de l'artisanat, la tradition, les mythes...

La gouvernance change de visage

Qu'il est curieux cet équilibre entre le gouvernant et ses deux opposants concurrents.

Qu'elle est curieuse cette gouvernance pilotée par des communicants et/ou des consultants qui nourrit la concurrence entre ces deux opposants.

L'objectif annoncé est d'entretenir le débat et cela simule certainement le conflit et l'avancement.

Pourtant, à l'heure des comptes, l'analyse est nouvelle mais les problèmes restent identiques et non réglés.

Là encore, un bel exemple nous est fourni par l'éducation nationale, prompte dans son commandement à opposer parents et professeurs, mais aussi, pour ne pas se départir d'une recette qui fonctionne, les deux premiers syndicats de professeurs et les deux seules véritables fédérations de parents. Au bout du bout, il n'en découle qu'une absence de solution aux problèmes récurrents de nos enfants : le poids du cartable, le rythme de vie scolaire, les règlements intérieurs illisibles et toujours plus absurdes, la pseudo-démocratie participative, simulacre de la vie de demain...

Les coûts en hausse libre

Les charges usuelles (nourriture, fongible, transport, communication) ont augmenté dans une proportion non encadrée depuis le début des années 2000. Cette augmentation a été, semble-t-il, cachée derrière le passage à l'an 2000, le traumatisme de septembre 2001, le passage à l'euro et la crise de 2007. Cette augmentation se cache surtout derrière une inflation absente pendant près de 12 ans car encadrée par des règles strictes édictées par un dogme absurde et double : croissance et valeur capitalistique absolue de la monnaie.

Or, la fonction publique, comme chacun d'entre nous, vit aussi de ces dépenses ordinaires qui ont doublé, voire triplé en 12 ans.

Que faire alors ?

  • Freiner les dépenses comme le proposent certains ?
  • Vendre notre bien public, comme le désirent ceux à qui cela va profiter ?
  • Se départir de notre pacte de stabilité européen, quitte à dédire aujourd'hui notre parole d'hier ?
  • Taxer le capital pour détaxer les flux, afin de contrer les méfaits du capitalisme ?
  • Encadrer les coûts en émettant des règles plus strictes et en planifiant de nouveau notre économie ?
  • Laisser filer l'inflation pour retrouver du pouvoir d'achat public et relancer une consommation cause de la croissance tant recherchée ?

Il ne faut pas confondre épargne et capital. Il ne faut pas confondre spéculation et transaction. Il ne faut pas confondre liberté des hommes et liberté des capitaux. Il ne faut pas confondre collectif et communauté. Il ne faut pas confondre droits d'avoir et droits d'être. Il ne faut pas confondre solidarité et assistanat.

Les profits devenus normaux et les systèmes absurdes

"Ni aisé, ni aidé, il est difficile de bien vivre, est-ce normal ?" me confiait un ami.

"Si tu y as le droit, tu dois en profiter" me rappelait un voisin.

Mon assurance me coûte aujourd'hui le triple d'il y a 10 ans mais elle ne couvre plus du tout les mêmes risques.

Notre couverture maladie n'a jamais coûté aussi chère et pourtant elle couvre de moins en moins bien les assurés, culpabilise de plus en plus les professionnels, les agents et les assurés.

Parmi mes connaissances, peu ne télécharge pas un film ou une musique en toute illégalité et pourtant la plupart se dédouane facilement avec bonne conscience.

Je connais plusieurs façon d'optimiser fiscalement mon revenu et je passe pour un abruti de ne pas désirer en profiter.

Bruce Schneier, spécialiste de la cryptographie, des systèmes et de la fraude, constate dans son dernier livre (Liars & Outliers), qu'un système est toujours synonyme de fraude et donc d'une fraction de profiteurs. Cependant, il dit également qu'au dessus d'un certain taux de profiteurs, le système n'est plus accepté par la majorité et qu'il faut donc en changer pour que l'inter-dépendance et la confiance soit rétablie.

Je crois précisément que notre société occidentale en est à ce point : le profit est devenu la norme et le système absurde; la confiance n'est donc plus possible et l'inter-dépendance de plus en plus risquée. Chacun sait bien qu'il est capable de mentir et de tricher et il affuble l'autre des mêmes qualités, ce qui rend tout échange et inter-dépendance de plus en plus suspecte.

Quand les banques n'arrivent plus à se prêter de l'argent et que les états ne paient plus leur dette dans le respect de la loi en cours, on peut sincèrement se faire du soucis.

Le pire est sans doute que notre lâcheté ordinaire d'adultes concerne aussi les systèmes éducatifs formant nos enfant (les citoyens de demain) qui deviennent des systèmes kafkaïens.

La confiance en l'autre, piste pour une métamorphose citoyenne

Sans remettre en question:

  • les valeurs de nos démocraties,
  • le bien-fondé de nos services publics,
  • les combats de nos ancêtres pour gagner du "mieux vivre pour tous",
  • la liberté de débattre, de ne pas être d'accord, de choisir ensemble en votant,

Retrouvons un système plus signifiant où les profits et les profiteurs sont considérés pour ceux qu'ils sont : des ennemis de la confiance entre nous et de l'inter-dépendance de l'espèce humaine. Retrouvons le sens de nos actions et renonçons à notre droit au profit.

Pour cela, faisons confiance à nos fonctionnaires pour réfléchir et agir en fonction de la situation en tant qu'humain, au sein d'une société d'humain et représentant de l'espèce humaine.

Soyons plus humaniste, comme le propose Edgar Morin et bien d'autres qui refusent de taire notre situation, notre lâcheté ordinaire, notre collaboration à un système destructif de l'homme.

mardi 11 septembre 2012

La simplification de la CCAM

Simplifions la codification commune des actes médicaux (CCAM) pour que les professionnels de la santé puissent se concentrer sur leur fonction et leurs compétences.

Une telle codification est inexploitable en gestion et en statistiques : les erreurs de saisie sont trop nombreuses, les contrôles qualité trop chers.

Trouvons un équilibre entre la pratique de la médecine, la gestion des recettes et coûts et l'étude prospective qui remettent l'humain au centre du dispositif.

L'outil informatique ne doit pas devenir une fin en soi et ses possibilités techniques ne doivent pas guider les rennes de l'administration d'une telle profession.

vendredi 31 août 2012

La vie que m'a infligée ma mère

Nous n'avons pas choisi notre lieu et date de naissance, nos parents, notre race et notre culture.

Et pourtant ces paramètres là comptent pour beaucoup comme si ils étaient leur seule vraie richesse, leur seule vraie différence avec l'autre, cet étranger étrange qui nous dérange...

samedi 4 août 2012

L'économie des flux, une recherche à financer

Il pourrait être intéressant de financer la recherche dans le domaine de l'économie des flux pour dépasser les apports et les travers des économies capitalistes ou communistes.

Le stockage (eau, bien, argent) peut être vu comme coûteux pour nos sociétés.

Quand une richesse est partagée et qu'elle existe en quantité constante, alors, celui qui stocke cette richesse empêche l'autre de disposer de cette richesse.

Au contraire, plus une richesse (prenons l'exemple de l'eau ou de l'argent) circule, plus la croissance des usages de cette richesse est possible.

L'économie des flux tente de replacer le flux au centre de la réflexion de ce qu'est la richesse, la croissance, la création de valeur.

dimanche 29 juillet 2012

La séparation de l'école et de la formation professionnelle

L'école permet, comme le dit Edgar Morin, de devenir poète (un être humain épanoui capable d'autonomie).

La formation professionnelle permet tout au long de la vie et dès la pré-adolescence, de se former à des compétences, savoirs et techniques professionnelles avec d'autres professionnels expérimentés (un être humain sachant capable d'inter-dépendance).

Séparons clairement l'organisation de l'école et de la formation professionnelle et rendons possible l'accès conjoint aux deux organisations à tous les âges de la vie.

On pourrait peut-être dans le même temps adjoindre à l'école les apprentissages artistiques et plus globalement, culturels.

Consacrons ainsi le label d'enseignant à celui qui enseigne à l'école et de professeur à celui qui est un professionnel enseignant, pour bien marquer les esprits, même si l'étymologie nous invite à plus simplement changer de mots.

On pourrait aussi, si une réforme du travail est mise en œuvre, proposer que les missions de travailleurs expérimentés comportent aussi de la formation professionnelle en tant que professeurs.

dimanche 22 juillet 2012

Un nouveau cadre de travail pour tous

La valeur travail fait partie des valeurs fondamentales de la relation d'interdépendance entre les êtres humains au sein de notre société.

Or, le contrat de travail est de fait à la main de l'employeur. Nos règles sociales françaises protègent bien le salarié. Par contre, elles laissent une partie de la population sur le côté. Elles sont également laxistes envers quelques entrepreneurs et travailleurs qui profitent du système.

Pourquoi ne pas généraliser ce que l'on fait en France pour la couverture accident, retraite, ou chômage ?

On pourrait ainsi imaginer un statut de travailleur en France sous couvert d'une caisse du travail. Le citoyen désirant travailler en France s'inscrirait à cette caisse selon un code du travail remanié pour l'occasion.

Les employeurs continueraient de recruter du personnel mais sur des missions (à durée déterminée, indéterminée, à temps partiel, à temps complet etc...) et paieraient l'intégralité du salaire chargé aux caisses dont celle du travail. Un contrat de mission entre la caisse et l'entreprise permettrait ainsi de réguler les flux financiers, comme l'état le fait déjà dans les autres secteurs de l'économie (consommation, dépenses d'état, formation).

Le travailleur serait salarié directement par la caisse du travail et sous contrat de travail à durée indéterminée avec cette caisse.

Le travailleur continuerait d'avoir son libre-arbitre pour pour chercher, choisir et réaliser des missions auprès des entreprises publiques, privées ou même sous statut indépendantes.

Un tel système résout quelques problématiques :

  • tous les travailleurs sont assurés d'un statut protecteur du travail en France dès leur inscription, qu'ils aient une mission ou non
  • les employeurs ne peuvent pas retenir un employé sous la menace du chômage et doivent contractualiser avec une caisse forte pour s'adjoindre de la main d’œuvre salariée
  • le travail illicite est plus difficile car plus visible
  • un seul statut existe pour tous les salariés, inscrit dans la durée et dans la valeur d'inter-dépendance entre les êtres humains
  • la formation, l'organisation du chômage, le calcul des droits sont plus faciles car il existe une caisse (unique ?) du travail
  • il y a une vision forte de la protection du travail en France, notamment vis à vis des grands groupe et des méthodes de management, sans rompre aux obligations qu'un collaborateur devrait respecter dans sa mission auprès d'une entreprise (résultat, confidentialité, moyens etc...)

Un tel système n'est pas loin du système actuel puisque l'employeur paie déjà une grande part du salaire chargé à des caisses.

dimanche 1 juillet 2012

Mieux/moins produire est un chemin possible pour ne plus surconsommer

Il y a dans les chambres de mes enfants peut-être cent fois plus d'objets qu'il n'y en avait dans ma chambre d'enfants il y 25 ans. Ils n'y sont pas pour grand chose car dans ma chambre d'adulte, c'est a peu près le même ratio. Le pire, c'est que pour la plupart, ces objets sont largement jetables et nous ne les utilisons pas ou plus. Je suis, comme beaucoup, un sur-consommateur d'objets inutiles dans la durée. Ils finiront par occuper trop d'espace chez moi, dans un vide-grenier ou à la déchetterie.

Arrêtons de culpabiliser, agissons

L'usager est culpabilisé sur sa sur-consommation (de déchets, de biens, de services). Cette sur-consommation est rendue possible par la sur-production de biens et de services (trop d'emballages, trop de publicité, trop d'objets jetables).

Comment mieux/moins produire ?

Une réflexion serait structurante et positive. Pour ma part, je comprend la logique des raisonnements actuels : écologiques, raréfaction de ressources fossiles, pollution de ressources constantes etc... Mais je ne vois pas, ni les bases permettant de tels raisonnements, ni les visions de sociétés pour un futur lointain.

Par exemple, sur le pétrole, j'aurais tendance à penser qu'il vaut mieux le finir le plus vite possible pour changer de paradigme et préparer dès maintenant l'après-pétrole. On pourrait par exemple planifier l'utilisation du solde restant au pro-rata de la population en proposant un coefficient 10 pour les pays sous-développés, un coefficient 4 pour les pays émergents qui n'ont accès à cette ressource que depuis peu et un coefficient 1 pour les pays "dits" développés, brefs nos pays occidentaux.

Je crois en la capacité d’adaptation rapide de l'espèce humaine. Nos sociétés sont, à mon sens, tout à fait en capacité de changer très rapidement de paradigme pour l'énergie.

Mieux produire, c'est, à mon sens moins produire pour les objets utilisant des matières premières fossiles et difficilement renouvelable pour la durée de vie de l'objet.
Mieux produire, c'est aussi plus produire de services pour améliorer encore l'inter-dépendance entre les être humains.
Mieux produire, c'est aussi éviter de produire à bas-coûts pour les plus riches en produisant de plus en plus loin.

Le recyclage au pied du mur

Le caractère recyclable ne suffit pas à dédouaner un objet de caractéristiques négatives. En effet :

  • s'il n'est pas très utile ou
  • si le recyclage est consommateur de ressources,
  • sa durée de vie aurait pu être facilement allongée
  • sa distribution a consommé beaucoup de matières non recyclables

nous devons nous poser la question de son utilité pour l'homme voire de sa nocivité pour l'espèce humaine dans son environnement.

Depuis que nous recyclons les déchets, j'ai l'impression que ces déchets ont été multiplié par dix ! Mon impression est-elle la bonne ? Comment l'infirmer ou la confirmer ? Sachant que l'économie du recyclage est aux mains de quelques grands groupes français et des collectivités locales qui raisonnent clairement court terme électif depuis le changement des compétences territoriales ?

Le "recyclable" est devenu de mode après le "dégradable" de mon enfance. Ce sont en fait des mauvais "consommables".

Les producteurs et les consommables

Je comprends bien pourquoi certains gros producteurs initient les modes qui poussent à la consommation d'objets qui se remplacent et s'usent

  • en se recyclant
  • se dégradant
  • en conservant des emplois qui sont devenus, soi-disant, le support de la ressource la plus rare au monde : le travail

Ils sur-produisent à bas coût et s'enrichissent sur des marges de plus en plus importantes. N'importe quelle augmentation, comme celle du pétrole, permet de cacher facilement des augmentations de ces marges. L'enrichissement conséquent permet à ces groupes de racheter les éventuels vrais concurrents et, ainsi, de maîtriser complètement le prix de vente, en se sortant de la sainte loi de la concurrence. Le cercle est bouclé et on peut en recommencer un autre : un cercle vertueux de l'enrichissement individuel de quelques uns au détriment de l'espèce humaine et de son environnement.

En permettant de proposer des objets utiles à bas coût, ces producteurs savent aussi se vendre comme des producteurs d'emplois.

Mais, sur ce sujet, la loi de l'offre et de la demande est depuis très longtemps biaisée. Il y a tellement de demandes que l'offre n'en est plus une car il n'y a plus le choix pour celui qui demande, seulement pour celui qui offre; il peut donc modifier son offre à un travail harcelant, dégradant et mal rémunéré, dans un système de moins en moins humain, destiné seulement à enrichir l'actionnaire de l'entreprise.

Ils sont producteurs de mal-emploi comme ils le sont de mal-objet, de mal-bouffe..., bref de mal-consommer.

Avons-nous vraiment le choix ?

Un des grands arguments de ces mal-producteurs/mal-employeurs, c'est le choix qu'a le client ou l'employé de "ne pas".

Si tu n'es pas content de la dernière émission télé-réalité que tu regardes, tu zappes !
Si tu n'es content d'aucune des émissions de télé, tu éteins !
Si tu n'es pas content de tes conditions de travail, tu démissionnes !
Si tu n'est pas content de la qualité de ton jean (les trous, le lavage, la taille basse), tu achètes autre chose !

Tout est dit.

Cela peut peut-être fonctionner s'il y a un choix possible et si on est éduqué au choix.

Pour les jeans m'arrivant juste au dessous du nombril, c'est raté, il n'y a plus le choix.
Pour un emploi permettant de rembourser le crédit de la maison, c'est pas gagné, ils sont quelques millions à chercher et je n'imagine pas qu'ils sont tous comme certains voudraient me les présenter : oisifs, profiteurs et ne voulant pas travailler.

Pour l'éducation au choix, je pensais compter sur le soutien de l'école de la république, creuset de ressources humaines rares et libertaires, passionnés par les mots, les savoirs et l'avenir de notre société.

C'était sans compter sur l'absurdité politique de notre président en mal de ré-élection en 1986 : l'école doit être plus juste, plus égalitaire, elle doit changer pour permettre à 80% d'une génération d'arriver au niveau BAC !

Quelle belle idée sur le papier ! Comme c'est compliqué d'arriver à un tel exploit, il a fallu tout changer à l'éducation nationale :

  • les professeurs n'ont plus le choix d'orientation des élèves,
  • la gouvernance est passée de fait des syndicats de parents et de professeurs à une hiérarchie très fermée de recteurs et de proviseurs, cachés derrière un outil statistique et informatique souverain (SIMU, constat de rentrée et prévisions pour les quelques intimes qui n'ont, à mon sens, jamais regardé comment fonctionnait SIMU)
  • des nouveaux élèves autrefois en professionnalisation sont arrivés dans l'école, mal-connus par des professeurs sans pouvoir et complètement démunis par cette nouvelle population
  • l'informatique est devenue la modernité absolue dont tous devait s'outiller, grévant tous les budgets d'un lourd tribu
  • des logiciels de fichage, de comptage, d'échange d'information automatique avec les familles, les enfants, les personnels ont vu le jour pour éviter de déraper financièrement
  • de moins en moins d'adultes de moins en moins formés avec de moins en moins de moyens (si ce n'est informatiques) sont au service d'un système de plus en plus absurde
  • de plus en plus de parents transfèrent donc leur progéniture dans l'école privée, qui, en France, est tenue majoritairement par une ONG qui ne distille pas le choix comme une vertu humaine.

Raté donc aussi pour un soutien collectif sur l'éducation au choix, l'école est devenue le lieu des copains et des règles adultes absurdes, cautionnées par l'absence de réaction des adultes référents.

Je suis pourtant optimiste

La chute du mur de ces absurdes est proche et nous saurons, comme d'autres il y a peu, réagir et nous adapter, pour retrouver ce qui fait le sourire quotidien.

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